Eau de mer
Aquarium récifal : mous, LPS ou SPS selon votre temps

Un aquarium récifal se construit autour de ses coraux. Or tous les coraux ne demandent pas le même engagement. Certains pardonnent une semaine chargée, d’autres réagissent au moindre écart. Choisir sa famille de coraux, c’est donc d’abord choisir le temps que l’on veut consacrer à son récif.
On distingue habituellement trois grandes familles. Voici comment nous les présentons quand un projet de récif démarre.
Les coraux mous : le récif qui bouge
Sans armature de calcaire, les mous ondulent dans le courant. Ils ondulent dans le courant, se rétractent la nuit et s’épanouissent le jour. Ils apportent du mouvement et des formes souples au paysage.
Ce sont les plus tolérants. Ils supportent mieux les petites variations de l’eau et se contentent d’une lumière modérée. C’est la famille idéale pour un premier récif, ou pour ceux qui veulent profiter du spectacle sans y passer leurs soirées.
Certains se développent vite et peuvent envahir leurs voisins. Il faut donc les tailler ou les déplacer de temps en temps.
Les LPS : les coraux à grands polypes
Les LPS ont un squelette calcaire et de gros polypes charnus, souvent très colorés. Leurs formes vont du cerveau à la trompette, en passant par les tapis de bulles. Ils sont spectaculaires sous la lumière.

Ils demandent une eau plus stable que les coraux mous, notamment en calcium, en alcalinité et en magnésium, car ils construisent leur squelette. Ils restent néanmoins accessibles à quelqu’un qui teste son eau régulièrement.
Attention à leurs tentacules : certains LPS piquent leurs voisins la nuit. Il faut les espacer pour éviter les conflits.
Les SPS : les coraux durs à petits polypes
Les SPS forment les grandes structures branchues ou en tables des récifs naturels. Leurs polypes sont minuscules, mais leurs couleurs et leurs formes sont parmi les plus impressionnantes.
Ce sont les plus exigeants. Leur exigence tient en trois mots : lumière forte, courant vif, paramètres immobiles. Une variation que des coraux mous ignoreraient peut les faire pâlir. Un récif de SPS se pilote presque au quotidien.
Comparer les trois familles
| Famille | Lumière | Brassage | Stabilité de l’eau | Temps à y consacrer |
|---|---|---|---|---|
| Coraux mous | Modérée | Modéré | Tolérante | Faible |
| LPS | Moyenne | Modéré à moyen | Assez stable | Moyen |
| SPS | Intense | Puissant | Très stable | Important |
Ce tableau résume une tendance générale. À l’intérieur de chaque famille, certaines espèces sont plus faciles que d’autres.
Choisir selon votre temps
La question la plus utile est simple : combien de temps voulez-vous passer chaque semaine devant votre aquarium récifal, avec un test ou un outil à la main ?
- Peu de temps : un récif de coraux mous, éventuellement avec quelques LPS robustes.
- Un suivi régulier : un récif de LPS, accompagné de coraux mous.
- Une vraie passion : un récif de SPS, ou un récif mixte avec les trois familles.
Il n’y a pas de mauvais choix. Un récif de coraux mous bien tenu est souvent plus beau qu’un récif de SPS négligé.
Ce que le choix change dans la technique
La famille de coraux influence directement l’équipement. Un récif de SPS demande un éclairage puissant, un brassage fort et souvent un apport automatique de calcium et d’alcalinité. Un récif de coraux mous se contente d’une installation plus simple.
Cette différence pèse sur le budget d’équipement, sur la consommation électrique et sur la place à réserver dans le meuble technique. C’est pourquoi nous fixons la famille de coraux avant de dessiner l’installation.
Évoluer d’une famille à l’autre
Beaucoup de récifs commencent avec des coraux mous et évoluent ensuite. C’est une bonne démarche : on apprend à lire son eau, on stabilise l’installation, puis on ajoute progressivement des espèces plus exigeantes.
Cette évolution doit cependant être prévue dès le départ. Si l’éclairage ou le brassage sont trop justes, il faudra les remplacer. Mieux vaut dimensionner un peu large dès la conception, quitte à régler la puissance à la baisse au début.
Le placement dans le récif
Dans un récif mixte, chaque corail a son étage. Les SPS se placent en haut, près de la lumière et dans le courant. Les LPS occupent les étages intermédiaires, à l’abri des courants trop forts. Les coraux mous trouvent leur place un peu partout, en gardant leurs distances avec les voisins.
Ce placement se pense au moment de construire les roches. Un récif bien étagé offre des niches variées et facilite l’entretien.
Les poissons qui partagent le récif
Le choix des coraux oriente aussi celui des poissons. Certaines espèces très colorées grignotent les polypes ou dérangent les coraux en fouillant les roches. Elles conviennent à un récif de coraux mous robustes, beaucoup moins à un récif de SPS.
D’autres poissons cohabitent sans difficulté avec toutes les familles. Nous vérifions chaque espèce avant son arrivée, en tenant compte du volume, du caractère des poissons et des coraux déjà en place. Un récif équilibré se compose ensemble, coraux et poissons.
Les coraux arrivent après le cycle
Quelle que soit la famille choisie, aucun corail n’entre dans l’eau avant que le cycle de l’azote soit terminé et que l’eau soit stable. Notre article sur la première année d’un aquarium d’eau de mer détaille cet ordre d’arrivée.
Noter ce que l’on observe
Un carnet simple aide beaucoup : date des tests, valeurs relevées, coraux ajoutés, changements d’eau. Au fil des semaines, il montre ce qui change et aide à comprendre un corail qui se ferme ou pâlit.
Notre accompagnement
Nous concevons des récifs adaptés au temps de chacun. Si vous voulez apprendre, nous vous formons aux tests et aux gestes. Si vous préférez déléguer, nous assurons les visites d’entretien, et vous profitez du spectacle.
Pour découvrir notre façon de concevoir un aquarium récifal, voyez la page aquarium d’eau de mer. Pour le suivi régulier, la page entretien d’aquarium détaille nos visites.